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Plus de "flexibilité" pour des élèves de l'école des Hauts-Bois

Publié le 23 mai 2017

Cindy Allan et Mélissa Corbeil de l'école des Hauts-Bois ont mis en place un nouveau concept d'aménagement de classe, le "Flexible seating". Afin de souligner leur initiative, le journal La Revue a publié un reportage sur le sujet.  

La classe de Cindy Allan et de Mélissa Corbeil, à l’école des Hauts-Bois à Mascouche, n’en est pas une comme les autres. Les deux femmes ont en effet implanté un système de «stations flexibles» (du terme anglophone «flexible seating») pour mieux accompagner leurs élèves à besoins particuliers.

Cindy Allan et Mélissa Corbeil, qui sont respectivement enseignante en adaptation scolaire et technicienne en éducation spécialisée (TES), œuvrent dans l’une des cinq classes en soutien émotif de l’école des Hauts-Bois.

«Nous avons des élèves qui ont besoin de soutien parce qu’ils ne fonctionnent pas bien dans de grands groupes. Certains ont des troubles de l’attachement, des troubles envahissants du développement, des troubles de langage, des troubles obsessifs compulsifs, des troubles du comportement ou des troubles d’apprentissage, décrit Mme Allan. Il y a aussi beaucoup de cas de multi diagnostics, et étant donné l'âge des élèves (de 8 à 10 ans), il y en a souvent en attente de diagnostic.»

À travers tout cela, plusieurs élèves doivent composer avec des troubles anxieux. «Ils ont de la misère à rester en place. J’ai beaucoup de "gigoteux", illustre l’enseignante. Ils travaillent debout, ou mettent leurs pieds sous leurs fesses sur la chaise. Je les laissais libres d'adopter la position qu'ils préféraient, mais ils finissaient presque couchés sur leur pupitre. Ils n’étaient pas confortables et ça nuisait à leur concentration.»

L’arrivée du «flexible seating»

C’est alors que Mme Allan a vu sur Facebook le texte d’une blogueuse, «La classe de Josée», portant sur le «flexible seating», une manière de réorganiser l’espace pour favoriser l’apprentissage. Il n’en a pas fallu plus pour qu’elle lance l’idée à la direction de l’école, qui a accepté le projet. Grâce à un concierge efficace, témoignent l’enseignante et la TES avec amusement, la transformation s’est faite «dans le temps de le dire».

Un peu avant Noël, le jour même où le concierge a été informé de l’implantation du projet, ce dernier venait effectivement sortir des pupitres de la classe pour les remplacer par une table basse et des pupitres surélevés. «Un élève était en train de travailler et j’ai dû lui expliquer qu’on allait prendre son pupitre. Il m’a demandé pourquoi, je lui ai dit qu’on allait changer la façon de travailler. Il a acquiescé, raconte avec le sourire Mme Corbeil. Il y a une confiance qui s’établit avec les élèves et il a senti qu’on faisait ça pour son bien.»

Ce jour-là, les parents venaient pour une activité avec les enfants en après-midi. Ils ont eu la surprise de découvrir la nouvelle classe.

Bienfaits notables observés

Rapidement, l’enseignante et la technicienne ont observé les bienfaits de l’initiative sur le comportement et l’apprentissage de leurs élèves. «On a vu la différence la journée même», dévoile la TES.

«Des élèves anxieux ne sont pas réceptifs», précise Mme Allan. Or, les stations leur permettent d'adopter des positions dans lesquelles ils sont confortables et se sentent moins coincés. L’école est souvent synonyme de performance, donc de stress pour eux. La nouvelle dynamique de classe aide ainsi à calmer leur anxiété.

«L’environnement diminue l’aspect performance de l’école», soulève Mme Corbeil. «L’aspect académique est leur grand cheval de bataille», ajoute Mme Allan, qui doit malgré tout leur enseigner le programme régulier.

S’il est ardu d’évaluer les bienfaits sur les résultats scolaires, l’attitude en classe s’est nettement améliorée. «Le projet a favorisé la confiance en soi. Quand tu n’es pas capable de t’asseoir et de pousser un crayon comme la majorité des élèves du Québec, être confortable pour travailler est déjà une réussite», rapporte la TES. Sa collègue ajoute : «On a vu une augmentation de la motivation, de la concentration, de l’attention et de l’implication en classe.»

Un soutien de la communauté

Si, au départ, les deux dames ont usé de leur imagination pour créer des stations propices à l’apprentissage, elles ont trouvé de l’aide au sein de la communauté pour l’achat d'équipements supplémentaires. «On a amassé 1 500 $ en argent et en équipements», se réjouit Mme Allan. Parmi les bienfaiteurs qui ont collaboré au projet, on compte la succursale Canadian Tire de Terrebonne, Vallex Déneigement et Excavation, CCC Europa, FDMT et Kit Planète.

Ayant réuni plus d'équipements que nécessaire, les enseignantes ont pu en fournir aux autres classes de soutien émotif. «Une enseignante de 5e année, en classe régulière, met par ailleurs le "flexible seating" en place. Ça a été inspirant pour d’autres, surtout l’idée de la table basse. Avec des élèves TDAH ou hyperactifs, ça peut être bénéfique aussi», conclut avec joie Mme Allan.


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